Faire une chape : traditionnelle et liquide
Points clés
- Faire une chape permet de constituer un support propre et de niveau au-dessus de la dalle afin de recevoir le revêtement de sol final.
- Avant de faire une chape, il faut identifier le type qui répond le mieux à la configuration du projet.
- Une chape peut être traditionnelle ou fluide, un choix technique effectué par le chapiste en fonction de l’ensemble des travaux.
- Le mortier d’une chape est généralement circulable en quelques jours, mais nécessite un temps beaucoup plus long avant d’être sec à cœur et de pouvoir recevoir le revêtement de sol.
Quel artisan contacter pour faire une chape ?
L’artisan qui fait les chapes est le chapiste. Ce professionnel peu connu est le spécialiste de la chape et intervient le plus souvent en construction neuve, ou en rénovation si vous devez faire couler une chape liquide. Les chapes peuvent être réalisées sur dalles neuves (après durcissement à cœur) ou sur dalles anciennes, avec préparation adéquate (ponçage diamant, primaire, etc.)
Pour des projets mettant en œuvre une chape traditionnelle, les maçons sont plus présents, car ils ont le savoir-faire requis pour tirer une chape à la main et l’intégrer parfaitement dans le reste du projet.
Notez que dans certains cas, comme pour une chape de très faible épaisseur, un ragréage ou une douche à l’italienne, le carreleur en charge du projet peut faire la chape sans problème.
L’artisan que vous devez engager pour faire votre chape dépend donc du type de projet qui nécessite la chape. Pour des travaux de petite rénovation, un maçon ou un carreleur peuvent effectuer cette tâche, mais s’il faut couler une chape sur un sol entier, le chapiste est plus indiqué.

Choix du type de chape
Avant de faire la chape, il est indispensable d’identifier le type nécessaire. Il existe 2 grandes familles de chapes, que le professionnel choisit pour des raisons techniques.
- Les chapes traditionnelles : réalisées à la main, elles offrent une meilleure personnalisation (pentes), mais requièrent plus d’attention de la part de l’artisan.
- Les chapes fluides : coulée avec un mélange très fluide, autoplaçant et autonivelant. Elles sont très rapides à mettre en œuvre, mais nécessitent une préparation minutieuse et ne peuvent pas affecter de pente.
Le choix du type de chape affecte directement la réalisation des travaux, tant dans la mise en œuvre du mortier, mais aussi au niveau de la préparation du sol et du type de mortier (préparé en usine ou sur site).
Préparation du sol avant de faire une chape
Une chape est toujours destinée à être coulée sur une dalle ou sur un ravoirage (chape maigre), ce support en béton doit être correctement préparé et stabilisé s’il est ancien ou endommagé. Si la dalle vient d’être faite, il faut attendre un délai de durcissement et parfois réaliser des test d’hygrométrie du béton.
La préparation de la zone qui supporte la chape est la première étape de vos travaux et doit être minutieusement réalisée. C’est en effet à ce moment que se joue la bonne tenue de la chape et, en cas de chape fluide, le bon déroulement de la mise en œuvre.
Si le support est ancien, il faut :
- Le stabiliser.
- Éventuellement, le décaper, ou le poncer.
- Placer la désolidarisation périphérique (mousse bleue).
- Effectuer les marquages de niveau avec le trait de mètre en repère.
Si la chape est traditionnelle, on installe des guides et des repères permettant de tirer le mortier à la règle de maçon. On positionne aussi les treillis métalliques qui servent à armer la chape.
Si la chape est fluide, on installe des piges en les réglant avec un niveau laser.
En outre, un chapiste sérieux protège toujours le pourtour du chantier et parfois les murs avec un film plastique.
Méthode de préparation du mortier
Le mortier utilisé pour votre chape affecte les efforts à fournir pour faire la chape, mais aussi le coût total du projet.
Notez qu’une chape, peu importe son type, fait toujours appel à du mortier, qui contient du sable très fin, et non à du béton qui est un mélange contenant du granulat de gros calibre et qui ne peut pas intervenir en chape.
Selon la surface de votre chape, sa nature et la situation de votre maison, le chapiste, ou le maçon, peuvent choisir de :
- Faire le mélange de chape sur place (bétonnière ou centrale mobile).
- Commander le mélange en centrale à béton et le faire livrer par camion-toupie.
Le choix du type de mortier est le plus souvent fonction de la surface à recouvrir et du type de chape. Pour une petite chape traditionnelle, un mortier fait sur site sera plus abordable, tandis que, pour une chape liquide, la commande en centrale est presque toujours nécessaire.
Sachez que le mortier pour une chape traditionnelle doit être dosé en ciment et sable suivant les indications du DTU 26.2, un texte que votre chapiste connait sans doute sur le bout des doigts. Suivre ces indications permet de bénéficier d’un mélange durable et adapté au plus grand nombre de situations et de réaliser une chape qui ne posera aucun problème structurel.
Si un camion-toupie intervient, l’accès au bâtiment et la distance entre la surface à recouvrir et le camion sont des critères essentiels. Si les distances sont importantes, le chauffeur devra utiliser un matériel spécifique dont le prix est élevé et qui ralentit également les travaux.
Réaliser une chape liquide ou traditionnelle
Après les étapes préparatoires, la véritable mise en œuvre du mortier peut commencer.
Le travail à opérer diffère là radicalement selon le type de chape. On ne peut absolument pas faire une chape traditionnelle comme on fait une chape fluide, c’est techniquement impossible.
Faire une chape traditionnelle
Pour faire une chape traditionnelle, on dépose le mortier sur la dalle en béton par paquets. En général, si le mortier est fait sur place, un chapiste travaille au mélange et l’autre tire la règle.
La chape traditionnelle doit être minutieusement placée à la règle en suivant les guides installés. Cette mise en place à la règle de maçon représente l’étape la plus importante de la mise en œuvre de la chape.
Une fois le mortier tiré, on réalise le plus souvent une finition talochée qui offre une surface lisse tout en conservant une accroche suffisante pour le revêtement de sol.
Faire une chape fluide
Une chape fluide est faite plus rapidement et presque sans efforts.
Le chapiste dépose le mélange sur la dalle ou l’isolant avec le tuyau de pompage. Le mortier, prévu à cet effet, se place tout seul en s’étalant jusqu’à atteindre les murs.
Lors de cette étape, le chapiste garde un œil sur les piges qui indiquent quand arrêter l’apport de mortier.
La finition d’une chape fluide est réalisée avec un débulleur. Cet outil qui fait légèrement vibrer le mortier permet le bon placement du mélange même aux endroits difficiles d’accès sans piéger d’air, par exemple, entre des tuyaux d’un chauffage au sol.
Une fois toute la surface débullée, le mortier adopte une planéité parfaite et se lisse tout seul.
Étapes suivant la réalisation d’une chape
L’étape suivante pour faire une chape est l’attente. On l’oublie souvent, mais, selon sa nature, une chape peut nécessiter un temps de durcissement et donc d’attente très long.
Pour une chape traditionnelle, le délai de séchage est d’environ 5 semaines, avec un espace circulable (on peut marcher sur la chape sans la détériorer) atteint en 48 à 72 h.
Pour une chape fluide ciment, il faut attendre 24 à 48 h avant de pouvoir marcher sur la chape et 2 à 3 semaines avant durcissement total.
Dans le cas d’une chape anhydrite, les délais sont très longs. On compte 24 à 48 h pour circuler sur la chape, mais 6 à 9 semaines pour un durcissement à cœur. Pour une chape anhydrite, le durcissement total est mesuré par un test avec une bombe à carbure, car, selon les conditions météo, la chape peut avoir un séchage plus important.
Notez que la pose du revêtement de sol doit souvent intervenir plusieurs semaines après durcissement total afin de ne piéger aucune humidité, notamment si le revêtement de sol est du parquet.
Enfin, les chapes à base de ciment ont un retrait inévitable dû à ce produit. Pour éviter les fissures, on doit réaliser des joints de fractionnement. On peut intégrer ces joints par le biais de barrettes en PVC avant de couler le mortier, mais, le plus souvent, on réalise ces joints de fractionnement après durcissement de la chape.
Cette opération est réalisée avec une tronçonneuse à béton et consiste à couper 1/3 de l’épaisseur de la chape afin de canaliser les fissures.
Les joints sont installés tous les 40 m² environ, à chaque seuil de porte et à chaque angle droit formé par la pièce.
Combien coûte la réalisation d’une chape par un professionnel ?
En moyenne, le coût d’une chape est compris entre 35 € et 100 €/m², selon son épaisseur, son type et la nature du mortier utilisé.
Pour une chape traditionnelle, on compte de 40 € à 60 /m², tandis que pour une chape fluide, le prix varie de 50 € à 75 €/m².
En outre, si votre chape doit recouvrir un chauffage au sol, il est vivement recommandé d’opter pour une chape fluide anhydrite dont le tarif va de 60 € à 85 €/m² (meilleure conductivité thermique que le ciment).