Quelle pompe à chaleur choisir : air-air ou air-eau ?
Points clés
- Les pompes à chaleur air-air sont les plus abordables, mais souffrent d’un confort de chauffe moyen et de performances en baisse en région froide.
- Les pompes à chaleur air-eau offrent la chauffe la plus confortable et produisent de l’eau chaude sanitaire, mais sont plus onéreuses et nécessitent un circuit hydraulique (radiateurs).
- Si vous devez remplacer une ancienne chaudière à combustible, le choix de la pompe à chaleur air-eau est le plus avisé, car il vous permet de bénéficier des subventions et d’un excellent confort de chauffe.
- Si vous désirez installer un chauffage moderne dans une maison bien isolée, mais équipée de convecteurs électriques, choisissez une PAC air-air, qui, dans ce cas, est la solution la plus rentable.
Fonctionnement des pompes à chaleur air-air et air-eau
Si l’on croise les chiffres Uniclima et SDES, on s’aperçoit que les Français se chauffent principalement à l’électricité non PAC et au gaz.
En revanche, les rénovations des systèmes de chauffage sont centrées sur le gaz et sur les PAC. Les pompes à chaleur air-air et air-eau représentent environ la moitié des systèmes de chauffage installés en rénovation avec une progression importante chaque année.
Les pompes à chaleur sont en effet le mode de chauffage qui attire le plus les Français, notamment dans le résidentiel individuel, en raison de leurs excellentes performances et de leur simplicité de mise en œuvre en lieu et place d’une chaudière à combustible.
| Type PAC | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| PAC air-air | Prix abordable Travaux rapides Fonctionnement réversible | Confort de chauffe moyen Performances basses en région froide Ne produit pas d’eau chaude |
| PAC air-eau | Excellent confort de chauffe Adaptée aux régions froides Production d’ECS | Investissement lourd Travaux lourds si absence de radiateurs Rafraichissement limité et onéreux |
Bon à savoir
Une PAC distribue plus d’énergie qu’elle n’en utilise. Pour indiquer le niveau de ces performances on utilisait le COP et on utilise désormais le SCOP.
Si les SCOP des deux types de PAC ne sont pas calculés exactement de la même manière, notez que :
- Le SCOP d’une PAC air-air va en moyenne de 4,2 à 4,8, ce qui signifie que pour tout kWh utilisé, la PAC en distribue de 4,2 à 4,8.
- Le SCOP d’une pompe à chaleur air-eau varie de 3,2 à 4,6.
Toutefois, les économies réalisées ne sont pas aussi tranchées, car les systèmes air-air ne produisent pas d’eau chaude et nécessitent souvent un appoint dans les couloirs, ou les pièces non pourvues de splits. La PAC air-eau, elle, couvre tous les besoins.
Pompe à chaleur air-air
Les pompes à chaleur air-air sont actuellement les modèles les plus fréquemment installés en rénovation, avec environ 80 % du marché des PAC aérothermiques.
Toutefois, ce chiffre est à nuancer, car les PAC air-air sont essentiellement des clims réversibles que les Français ajoutent souvent à leur système de chauffage.
Une PAC air-air fonctionne en puisant les calories présentes dans l’air extérieur et en les distribuant à l’intérieur via :
- Un split soufflant (l’unité de clim classique).
- Une console (radiateur soufflant qui supprime l’effet pieds froids).
- Une cassette (split intégré au faux plafond).
- Une centrale gainable (unité intérieure de forte taille située dans les combles).
Dans tous les cas, les PAC air-air sont prisées du grand public, car elles sont :
- Les plus abordables.
- Idéales pour remplacer des convecteurs (absence de circuit hydraulique).
- Très facilement pilotables au demi-degré près.
- Esthétiques et relativement petites.
- Relativement performantes en climats doux.
- Capables de produire du froid.
En revanche les modèles air-air ne sont pas les plus efficaces en cas de températures froides, si la maison est une passoire thermique, ou si vous souhaitez profiter des subventions des pouvoirs publics.

PAC air-eau
Les PAC air-eau sont celles que les pouvoirs publics mettent en avant et que je recommande aussi, car :
- Elles sont performantes.
- Elles fonctionnent sur réseau hydraulique (radiateurs ou chauffage au sol).
- Elles peuvent fournir une eau de circuit à 50 °C voire 60 °C avec de bonnes performances.
- Elles peuvent produire de l’eau chaude sanitaire (ECS).
- Elles donnent accès à de nombreuses aides.
Les pompes à chaleur air-eau puisent les calories dans l’air extérieur et les transfèrent à un fluide caloporteur dans le circuit des radiateurs (généralement de l’eau). Elles peuvent donc remplacer une ancienne chaudière gaz, fioul ou bois avec très peu d’adaptation, moyennant des radiateurs suffisamment puissants pour fonctionner avec une eau plus froide.
Conseil de l’expert
On lit souvent que les PAC air-eau nécessitent des radiateurs adaptés. C’est vrai et faux à la fois et entièrement imprécis.
Des radiateurs en fonte qui ont 70 ans peuvent fonctionner avec une PAC (après désembouage). En revanche, puisque l’eau d’une PAC est en moyenne entre 35 et 50 °C, et que l’eau d’une ancienne chaudière à combustible était environ à 70 °C, l’énergie délivrée par le radiateur est plus faible.
Vérifiez avec votre chauffagiste les besoins de chauffage de votre logement. Si ce dernier a connu un renfort d’isolation, les déperditions d’énergie sont moindres et vos anciens radiateurs peuvent être suffisants.
Choisir une pompe à chaleur air-eau ou air-air ?
Si vous souhaitez rénover votre système de chauffage sans passer par le gaz, vous devrez très certainement choisir entre l’une ou l’autre des pompes à chaleur aérothermiques. Ce choix est plus délicat qu’il n’y parait de prime abord et vous devrez vraiment dialoguer avec votre chauffagiste afin d’identifier le meilleur système pour votre situation et votre famille.
Voici quelques recommandations qui devront impérativement être adaptées à la configuration de votre maison et associées à votre besoin spécifique de chauffage.
Quand choisir une PAC air-air ?
Je vous recommande d’envisager sérieusement une PAC air-air si votre maison n’a pas besoin de compenser beaucoup de déperditions de chaleur (kW).
C’est par exemple le cas pour :
- Les maisons très bien isolées.
- Les logements implantés dans une région chaude (le pourtour méditerranéen et la Corse reçoivent environ 56 % de toutes les PAC air-air).
En outre, une PAC air-air est idéale pour les petits appartements, du studio au T3, pour lesquels elle constitue un système de chauffage performant, abordable et très simple d’installation.
De nombreux particuliers envisagent aussi cette solution lorsqu’il s’agit de passer d’une maison entièrement chauffée par convecteurs à un système plus moderne et moins énergivore. C’est alors un choix qui doit être réalisé selon l’isolation, la surface du logement et sa région.
Une PAC air-air permet en effet d’éviter les frais lourds de l’installation d’un réseau hydraulique (radiateurs et tubage), mais si les besoins en chauffage sont très importants, les bénéfices d’un système de radiateurs peuvent être plus judicieux.
Par ailleurs, une PAC air-air peut climatiser et refroidir sensiblement un logement durant l’été, sans équipement supplémentaire.
Toutefois, les PAC air-air souffrent de certains inconvénients :
- Très mauvaises performances par grand froid (dès températures négatives).
- Chauffe soufflante, avec effet pieds froids très fréquent.
- Assèchement significatif de l’air.
- Impossibilité de produire de l’eau chaude sanitaire.
Bon à savoir
En 2025 on a vendu en France environ 1 million de PAC, tous types confondus et tous logements.
Sachez que sur toutes ces PAC, 80 % environ sont air-air, 19 % sont air-eau et moins de 1 % sont géothermiques.
Pourquoi opter pour une pompe à chaleur air-eau ?
Les PAC air-eau sont le système de chauffage moderne qui présente le meilleur rapport performances-prix, pour un investissement important.
Si les PAC air-eau ne représentent que 19 % du marché des pompes à chaleur aérothermiques, elles sont celles qui vous offrent le meilleur confort et qui peuvent remplacer presque imperceptiblement une ancienne chaudière à combustible.
Je recommande de choisir une pompe à chaleur air-eau dès que cela est possible et notamment si :
- Vous avez déjà un circuit hydraulique.
- Vous vivez dans une région moyennement froide à froide (25 % de ces PAC sont installées en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bretagne).
- Vous n’avez aucun autre système de production d’ECS.
- Votre maison est mal isolée.
Les PAC air-eau ne sont toutefois pas des solutions miracles et souffrent de certains écueils :
- Investissement initial élevé.
- Performances en baisse sous -15 °C.
- Dimensionnement des radiateurs à vérifier.
- Rafraichissement possible (mais limité) avec des émetteurs récents et compatibles.
Bon à savoir
J’y reviendrai, mais les PAC air-eau sont désormais les seules pompes à chaleur aérothermiques à bénéficier de substantielles aides des pouvoirs publics.
Si vous souhaitez réaliser un investissement judicieux, le cumul des aides et des performances élevées, sachez que ces PAC constituent la solution la plus économique, sauf si vous habitez dans une région chaude.

Quelle PAC choisir selon votre situation
Pour choisir entre pompe à chaleur air-air et air-eau, vous pouvez vous laisser guider par des situations fréquentes. Voici des cas qui peuvent se rapprocher du vôtre et vous aider à faire le bon choix.
Gardez toujours à l’esprit que seul un chauffagiste peut, après visite de votre maison, vous recommander le système de chauffage le plus approprié.
- Si vous habitez une région froide, orientez-vous vers une PAC air-eau, qui vous proposera une chauffe en rapport avec votre climat et des performances maintenues jusqu’à des températures extérieures plus basses.
- Vous habitez une passoire thermique et vous devez changer de mode de chauffage ? La réponse ne va pas vous plaire. L’idéal reste une chaudière à combustible, qui peut produire une eau de chauffage haute température et compenser les lourdes déperditions de chaleur de votre logement. Si une PAC est indispensable, privilégiez les modèles air-eau, idéalement avec un appoint tiers.
- Si vous avez un petit budget pour l’installation, la PAC air-air reste le choix le plus abordable, malgré les aides très limitées.
- Vous habitez une région chaude aux hivers cléments, mais aux étés caniculaires ? Ici aussi la PAC air-air a toute sa place, car elle remplit les besoins de chauffage en hiver et offre la climatisation durant l’été.
- Vous devez remplacer la chaudière gaz de votre maison RT 2005 ou RT 2012 ? Dans ce cas, une PAC air-eau est le meilleur système pour vous, car la maison déjà bien isolée dispose de son réseau hydraulique.
Choisir une PAC : budgets, aides et retour sur investissement
Si vous ne savez pas exactement quoi choisir entre pompe à chaleur air-air et air-eau, vous pouvez également baser vos réflexions sur l’aspect économique, qui reste pour la majorité des Français un élément important de cette question.
| Coûts | PAC air-air | PAC air-eau |
|---|---|---|
| Investissement | 7 000 € à 11 000 € | 9 500 € à 15 000 € |
| Réseau d’émetteurs (si absent) | Inutile | 6 500 € à 10 000 € |
| Aides | CEE TVA à 5,5 % | MaPrimeRénov’ CEE avec Coup de pouce chauffage (si chaudière à combustible) TVA à 5,5 % |
| Entretien | 170 € à 350 € | 150 € à 250 € |
| Coût moyen annuel | 1 420 € à 1 600 € | 1 130 € à 1 230 € |
L’investissement initial représente l’impact économique le plus important et le plus psychologique.
- Pour une PAC air-air, comptez de 7 000 € à 11 000 € pour une maison de 100 m².
- Pour une PAC air-eau seule, prévoyez entre 9 500 € et 15 000 €.
- Pour un système complet PAC air-eau et radiateurs, envisagez de 16 000 € à 25 000 €.
Les investissements des modèles air-eau peuvent toutefois être réduits de 3 000 € à 5 000 € avec les aides des pouvoirs publics. Vous remarquerez qu’avec l’aide MaPrimeRénov’ une PAC air-eau est ainsi en moyenne moins onéreuse qu’une PAC air-air.
En outre, ces deux systèmes aérothermiques peuvent bénéficier de l’opération CEE (Certificats Économie d’Énergie) dont les montants varient selon le fournisseur d’énergie qui vous fera profiter de ce coup de pouce.
Si vous désirez visualiser un retour sur investissement, vous pouvez en moyenne compter sur une période de 5 à 7 ans pour un système air-air (remplacement de convecteurs) et de 7 à 8 ans pour une pompe à chaleur air-eau (selon la facture d’énergie avant pose de la PAC et en remplacement d’une chaudière).
Coûts annuels des pompes à chaleur air-air et air-eau
Selon l’Ademe les besoins en chauffage moyens d’une maison française classique d’environ 100 m² sont de 11 000 kWh.
Pour ce besoin de chauffage, voilà les coûts annuels moyens que l’on peut envisager :
- Avec une PAC air-air : environ 650 €.
- Avec une PAC air-eau : environ 780 €.
Sur la consommation brute, le choix de la pompe à chaleur air-air est plus économique que celui de la PAC air-eau. Cette orientation est à relativiser, car la PAC air-eau fait l’ECS pour environ 200 € par an et le ballon blindé en complément de la PAC air-air nécessite environ 600 €.
À ces coûts de fonctionnement, il faut ajouter les frais d’entretien.
Je vous propose un calcul sur 2 ans ramené à un montant annuel, car les splits des PAC air-air doivent être nettoyés tous les 2 ans en moyenne sous peine de subir une prolifération (souvent peu visible) de moisissures et de bactéries.
- Maintenance d’une PAC air-air : environ 170 € à 350 € par an (nettoyage bisannuel des splits compris).
- Entretien d’une PAC air-eau : environ 150 € à 250 €.
Ainsi, pour ces modèles, les coûts annuels globaux peuvent être de :
- 1 420 € à 1 600 € pour une PAC air-air.
- 1 130 € à 1 230 € pour une PAC air-eau.
Conseil de l’expert
Vous lirez ailleurs que l’entretien annuel d’une PAC air-eau entraine l’inspection du réseau hydraulique pour rechercher des fuites.
Non.
Ne vous laissez pas berner. Un réseau hydraulique moderne (type multicouche) ou même ancien (type cuivre) est très durable et, sauf erreur d’installation (et donc de fuite immédiate), les fuites n’interviennent que sur le très long terme.
Vous n’appelez pas un plombier chaque année pour inspecter votre réseau d’eau sanitaire, alors pourquoi feriez-vous inspecter votre réseau hydraulique de chauffage ?
Où installer une PAC ?
Peu importe si vous choisissez une PAC air-air ou air-eau, l’unité extérieure devra être positionnée avec minutie.
Le groupe extérieur peut en effet être bruyant, créer des courants d’air et rejette toujours des condensats.
Il faut toujours éviter d’orienter le groupe extérieur vers les voisins, de l’enfermer dans un angle (ou dans un caisson), ou encore de l’installer dans une cour intérieure.
En outre, selon le fluide frigorigène utilisé, cette unité doit être située à plus de 1 m de distance des ouvertures du logement (R290).
Si votre logement est dans une copropriété, il vous faudra en outre obtenir l’accord de son assemblée générale.
Questions fréquentes
Toute PAC de plus de 4 kW doit être entretenue par un technicien qualifié tous les deux ans minimum.
Il faut installer un système dédié, le plus souvent un ballon électrique, qui peut être à résistance (stéatite ou blindée) ou thermodynamique.
En moyenne, une PAC a une longévité de 10 à 20 ans, selon le type et la qualité de fabrication.