Ouverture d'un mur porteur
Points clés
- Pour faire ouvrir un mur porteur, il faut contacter un bureau d’études techniques (BET), un maçon, ou un architecte qui pourra gérer et coordonner le projet.
- Le rapport du BET indique au maçon quelles techniques d’ouverture employer et quelles solutions de reprise des charges à privilégier.
- L’ouverture d’un mur porteur passe par des étapes précises, dont notamment l’étayage, la découpe, la pose d’une poutrelle et le matage de cette dernière.
- Pour ouvrir un mur porteur, il faut, selon les cas, déposer une déclaration de travaux en mairie (DP). Dans un immeuble l’autorisation de l’assemblée générale des copropriétaires et des voisins est indispensable.
Quels professionnels contacter pour ouvrir un mur porteur ?
Un projet d’ouverture de mur porteur n’engage en général pas un seul type de professionnel. Il s’agit en effet d’un chantier complexe, qui touche à la sécurité du bâtiment.
Aussi, on fait appel à :
- Un bureau d’études techniques ou BET.
- Un maçon.
- Un plaquiste (finitions).
- Un carreleur ou parqueteur (reprise du sol).
Selon les finitions souhaitées et la configuration de la maison, d’autres professionnels peuvent intervenir, en général pour réaliser les finitions.
Gardez toujours à l’esprit que l’ouverture d’un mur porteur n’est pas un projet en soi, mais plutôt le moyen technique de réaliser un aménagement. Il faut donc toujours penser à l’ensemble des travaux et contacter tous les intervenants concernés.
Identifier un mur porteur
Avant de lancer un chantier d’ouverture de mur porteur, ou même de préparer un budget, vous devriez vous assurer que le mur concerné est porteur.
La majorité des murs porteurs sont relativement aisés à identifier. Tous les murs périphériques d’une maison individuelle ou d’un appartement sont porteurs, que le bâtiment soit de plain-pied ou à étage.
On peut également trouver des murs porteurs intérieurs, nommés murs de refend. Ces murs sont destinés à supporter les charges d’un étage supérieur lorsque la surface est importante.
Ils sont le plus souvent situés au milieu du logement et sont très épais. Si le plafond est à nu, on voit clairement le système de plancher reposer sur ce mur.
Notez que les cloisons, jusqu’à 15 cm d’épaisseur, ne sont pas porteuses, un mur de refend a une épaisseur minimale de 20 cm et peut être bien plus massif selon le mode constructif et les charges à reprendre.
Si malgré tout, vous avez un doute, faites visiter le logement par un maçon, un architecte ou un BET, et vous aurez une réponse immédiate.

Faire réaliser une étude par un bureau d’études
Le BET est une étape vivement conseillée pour tous les projets d’ouverture de mur porteur, et parfois obligatoire.
Un bureau d’étude vérifie en premier lieu la faisabilité de votre projet. Toutes les ouvertures de mur porteur ne sont en effet pas réalisables en raison des contraintes techniques liées au bâtiment concerné.
Une fois la faisabilité avérée, le BET inspecte le bâtiment et définit les contraintes à respecter et les solutions idéales à mettre en œuvre.
Une étude du BET est toujours accompagnée d’un plan technique qui peut avoir 3 buts :
- Donner au maçon toutes les indications pour réaliser les travaux sans mettre la structure en danger d’effondrement.
- Constituer une pièce technique pour les autorisations administratives, le plus souvent une DP (déclaration préalable de travaux) ou un permis de construire si le volume de l’habitation est changé par les travaux.
- Servir de document technique pour les assurances en cas de dommage.
Étapes pour créer une ouverture dans un mur porteur
Ouvrir un mur porteur est un chantier qui doit être réalisé avec minutie et qui suit toujours une série d’étapes indispensables.
Les professionnels en charge de votre chantier connaissent très bien ces étapes et respectent cette marche à suivre afin de garantir la sécurité structurelle du bâtiment pendant et après les travaux.
Sachez qu’une ouverture de mur porteur nécessite en moyenne 3 à 5 jours de travail, hors étude du BET et finitions.
Préparer et sécuriser le chantier
Avant d’ouvrir ou d’abattre un mur porteur partiellement, les maçons préparent le chantier.
En premier lieu il est important de protéger les environs du mur et d’assurer un moyen d’évacuation des gravats autorisé et facile d’accès.
Si le mur est doublé d’un parement placo ou autre, on l’enlève et on met à nu une zone de travail confortable.
Cette étape permet également de vérifier si la zone à ouvrir contient des réseaux techniques. Si c’est le cas, un électricien ou un plombier doivent venir pour dériver temporairement les réseaux.
Le plancher supérieur (ou la charpente en appuis) est ensuite étayé d’un ou des deux côtés du mur porteur.
L’étayage est une étape critique dans ce projet, car c’est lui qui supporte temporairement les descentes de charge et qui assure donc la sécurité de la construction et des ouvriers.
Découpe et ouverture contrôlée
L’ouverture est ensuite tracée sur le mur afin de servir de guide au maçon lors de la découpe.
Le mur est alors découpé horizontalement avec un outillage adapté, le plus souvent une tronçonneuse béton avec disque diamant.
Cette découpe horizontale, plus longue que l’ouverture, permet de créer un décaissement pour l’IPN ou le linteau tout en créant les sommiers qui le supportent de chaque côté (encoches réalisées dans le mur).
Si besoin, on reprend les sommiers à l’aide d’un mortier adapté à cet usage.
En règle générale, on ne vide pas l’ensemble de la maçonnerie avant d’avoir placé le support définitif.
Mise en place des renforts
Le linteau ou l’IPN est ensuite posé, réglé et scellé. Le scellement est important, car c’est lui qui évite tout mouvement vertical du plancher supérieur. Cette étape s’appelle le matage et consiste à pousser un mortier très haute résistance sans retrait entre l’IPN et le mur au-dessus.
Si le mur restant (trumeaux) n’est pas suffisamment solide pour porter l’IPN ou le linteau, il faut installer des jambages. On réalise alors des ouvertures verticales sous l’IPN dans lesquelles on insère des jambages réalisés en usine, ou on coule un béton haute résistance.
Une fois le mortier de calage sec à cœur, on peut enlever les étais progressivement, en les réduisant de quelques millimètres du centre vers les extrémités.
Souvent l’IPN prend une très légère flèche, mais se stabilise. En attendant la stabilisation de l’IPN, on inspecte en général les sommiers, les jambages, le mortier de matage, afin de voir s’il y a un éventuel effritement.
Si aucun problème n’est constaté, les étais sont retirés progressivement jusqu’au dernier.
On peut ensuite vider toute la maçonnerie restante, évacuer les gravats et nettoyer le chantier.
Finitions après ouverture de mur porteur
À cette étape, les travaux structurels sont terminés et l’ouverture du mur porteur est réalisée.
Toutefois, le projet n’est pas complet. Il reste à effectuer les finitions qui peuvent prendre beaucoup de temps et constituer une part importante du coût total. Après attente de 10 à 15 jours, pour que les charges trouvent leur place, on peut finir le projet.
Les finitions les plus fréquentes sont :
- Le dévoiement final des réseaux, si une solution temporaire avait été mise en place (électricité et plomberie).
- Le doublage de l’ouverture avec du placo, qui permet de masquer le mur et la solution de support.
- La mise en peinture du mur tout entier pour éviter les raccords disgracieux.
- La reprise du sol qui doit faire le lien entre le revêtement de sol des pièces qui étaient alors séparées.
- La pose d’une menuiserie, si l’ouverture doit contenir une porte, une baie vitrée, ou autre.
Avis de l’auteur
Les IPN sont souvent protégés par un antirouille d’usine, mais je vous recommande, une fois le mortier de calage parfaitement sec, l’application d’une couche d’antirouille très qualitatif sur l’IPN. De cette manière, l’acier aura une durée de vie plus longue et le placo ne laissera pas percevoir des taches de rouille provoquées par une éventuelle condensation. À ce sujet, enrober l’IPN d’un isolant est également une excellente idée.
Techniques pour une ouverture dans un mur porteur
La technique présentée ci-dessus est celle que l’on utilise le plus fréquemment et qui est maitrisée par tous les maçons.
Il existe toutefois d’autres méthodes qui sont privilégiées selon la configuration des lieux, la solidité du mur et l’importance de charges à reprendre.
- Technique sur sommiers : c’est la technique déjà décrite. La poutrelle repose sur des sommiers maçonnés sur le mur existant. On choisit cette solution lorsque le mur à ouvrir est en bon état et lorsque le sol est parfaitement porteur.
- Méthode portique : le portique est réservé aux ouvertures très larges, ou pour abattre un mur porteur. On installe la poutrelle soutenue par deux poteaux. Les poteaux sont scellés sur des semelles de fondation et sont soudés ou boulonnés à la poutrelle, pour former un portique rigide et très solide.
- Solution demi-poutres : le bureau d’études techniques peut recommander une mise en œuvre en demi-poutres si les charges sont énormes ou si le mur porteur est très épais. Il s’agit là d’ouvrir le mur porteur dans la moitié de son épaisseur, d’insérer une poutrelle et ensuite de réaliser la même opération sur l’autre moitié. Les demi-poutres permettent le support de charges plus lourdes tout en réduisant les risques d’effondrement durant les travaux.
Coût pour l’ouverture d’un mur porteur
L’ouverture d’un mur porteur coûte en moyenne de 3 000 € à 8 000 € sans compter les finitions.
Un devis pour l’ouverture d’un mur porteur comporte en général :
- L’étude technique du BET.
- Un étayage durant les travaux.
- Une poutrelle pour reprendre et distribuer les charges.
- Des jambages qui supportent la poutrelle.
- L’évacuation des gravats et la remise en centre de traitement.
Si vous souhaitez chiffrer plus précisément ce projet, nous vous proposons un article complet sur le prix d’ouverture d’un mur porteur.
Démarches administratives
Pour ouvrir un mur porteur de refend dans une villa individuelle, vous n’avez besoin d’aucune autorisation, car le mur n’est pas visible depuis l’extérieur.
S’il s’agit d’un mur périphérique, vous devez déposer une déclaration préalable de travaux (DP) car cette nouvelle ouverture change l’aspect de la façade.
Dans un immeuble, vous devez obtenir l’autorisation de l’assemblée générale de copropriétaires. Cette autorisation est le plus souvent associée à une étude technique qui prouve à la copropriété que les travaux ne mettent pas en péril le bâtiment. On fait aussi très souvent réaliser un état des lieux contradictoire, qui permet de constater l’état du bâtiment avant et après les travaux.
Avis de l’auteur
Selon la configuration de votre logement et des travaux, je vous recommande vivement de souscrire à une assurance dommages-ouvrage (DO) qui couvre tout problème lié aux travaux. Cette assurance permet, par exemple, de pallier un défaut d’assurance décennale du maçon. Vérifiez d’ailleurs la validité de la décennale de votre artisan avant de signer un devis.